• C’est la technique de base. Je grave une plaque de linoléum pour créer une matrice. L’encre est appliquée au rouleau. Le papier est pressé sur la matrice pour transférer l’image. Chaque couleur nécessite une plaque différente.

  • C’est une variante plus complexe, souvent appelée “Réduction Print” par les graveurs. Généralement, une seule plaque est utilisée. J’imprime une première couleur. Puis je regrave la même plaque pour retirer des zones et imprimer la couleur suivante. Et ainsi de suite, jusqu’à la disparition progressive de la matrice. Une seule et unique édition possible. Le tirage est forcément limité, puisque la plaque disparaît dans le processus. Les œuvres sont souvent plus riches en couleurs et en superpositions.

  • Ici, je mélange gravure, collage, aquarelle, textures ou encrages directs sur la plaque. Chaque tirage est imprévisible. Je mixte différents matériaux comme du végétal, de l’aluminium, des tissus fins… pour avoir des textures et des réactions aléatoires.

Processus

Les étapes de linogravure en réduction

Le dessin initial

Tout commence par un trait. Je peux dessiner directement sur la plaque de linoléum au crayon, ou travailler un croquis numérique sur ma tablette graphique. Lorsque j’opte pour le digital, j’imprime ensuite le dessin en grand format afin de pouvoir le transférer sur la plaque au carbone.

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Dessin de fleurs colorées avec des taches bleues et vertes en arrière-plan, accompagné d'une note manuscrite en français.
Découpe sur linoleum de feuilles et de fleurs de plantes différentes en papier blanc, avec des contours tracés en bleu, assemblées pour créer une composition botanique.

Préparer le papier et le registre

Avant toute gravure, j’installe le registre: un système qui permet d’aligner chaque feuille exactement au même endroit, au millimètre près. J’y place les Ternes Buttons et la plaque de lino afin que toutes les impressions se superposent parfaitement. La rigueur de cette préparation garantit l’édition finale.

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Première gravure et première couleur

La première taille retire toutes les zones qui devront rester blanches : ce sont les éclats de lumière. Je mélange ensuite mes encres pour obtenir la teinte la plus claire de la palette, j’encre la plaque au rouleau, puis j’imprime la première couche. Je répète ce geste autant de fois qu’il y a de tirages dans l’édition. Pour finir, l’atelier doit être nettoyé.

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Deux vitrines avec des œuvres d'art en papier découpé représentant des fleurs et des feuilles colorées, placées sur une surface en bois.

Gravure de la deuxième couche

Une fois les premiers tirages secs, entre 24 et 72 heures, la plaque revient sur l’établi. Je poursuis la réduction : je retire, à l’aide de mes gouges et d’un crayon aquarelle blanc, toutes les zones qui doivent conserver la première couleur. Puis je prépare une encre d’un ton plus foncé, et j’imprime la seconde couche. Pour finir, l’atelier doit être nettoyé.

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Gros plan d'une palette de peinture avec des taches de différentes couleurs, y compris roses, jaunes, verts, beige, et des outils artistiques à proximité sur une surface en bois.

Superposer, réduire, révéler

Ce procédé est un cycle : graver, encrer, imprimer, laisser sécher… recommencer. À chaque passage, la plaque disparaît un peu plus, tandis que l’image se nuance et se densifie. La réduction devient une succession de décisions où chaque geste est définitif.

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Affiches ou panneaux publicitaires avec une illustration florale de fleurs blanches et de feuilles vertes sur un fond bleu, suspendus à une corde à linge.

Séchage, vérification et numérotation

Chaque tirage est vérifié un par un : les nuances, la texture de l’encre, la profondeur des contrastes, les détails et les défaults. Enfin, je numérote l’édition, je signe, et parfois j’ajoute une note manuscrite.

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Fleurs colorées sur fond de perles bleues, illustrations botaniques avec feuilles vertes.

Se préparer à l’imprévu

Il suffit d’un coup de gouge trop enthousiaste, d’une bavure, d’un registre qui glisse… et la gravure prend un autre chemin. L’imprévu fait partie du processus : c’est la magie fragile de l’estampe.

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C’est aussi pourquoi une linogravure en réduction est, par nature, une édition strictement limitée : une fois la plaque transformée ou détruite par le processus, aucune réimpression n’est possible.

Ressources

Papier

Pour nuancer les tons et travailler avec la fibre des grammages, j’imprime sur du papier provenant de chez Fabriano, Somerset ou Awagami Factory.

Affûtage

Pour affûter, j’utilise des pierres à eau de chez Oakes, des pierres naturelles à huile d’Arkansas et du cuire pour le polissage.

Encre

Pour jouer avec les couleurs, j’utilise de l’encre à l’huile de chez Cranfield et de l’extender pour la transparence.

Presse

J’utilise une de mes 3 presses en fonction du besoin : la grande A1 de chez Joop Stoop, la moyenne fabriquée maison en MDF à système de Baren et la petite en A3 de chez Woodzilla.

Outils

Pour graver, je varie entre les U- et les V- gauges de différentes tailles chez Flexcut et Pfiel ainsi que des couteaux à bois droits Japonais.

Additionnel

Papier carbone, papier calque, crayon aquarelle blanc, encre de teinture, spatules, plaque de verre, White Spirit, rouleaux de chez Essdee, un nuancier, ternes burtons, barens, chartiot de séchage, tapis de découpe, etc…